Le compte-rendu (rectifié) de Camp David 

Le 6 septembre 2001


Introduction


La version palestinienne des événements de Camp David et des raisons du rejet palestinien a récemment subi quelques rectifications dans le but stratégique d'améliorer l'image des Palestiniens. Tandis que les exigences palestiniennes demeurent les mêmes qu'au sommet, la direction palestinienne et l'OLP ont entrepris de répondre à l'accusation selon laquelle la partie palestinienne serait responsable de l'échec du sommet.

Le coup d'envoi de la nouvelle version palestinienne a été donné par Robert Malley (conseiller du Président Clinton pour les Affaires israélo-arabes de 1998 à 2001), dans un article du New York Times datant du mois de juillet (1). Dans une récente interview accordée au journal égyptien El-Ahram, Arafat, interrogé sur sa réaction aux déclarations l'accusant d'avoir manqué une occasion à Camp David, a répondu: "Ce qu'a dit Rob Malley me suffit: il a fait un rapport sur les pourparlers de Camp David en la présence de Clinton, et a affirmé dans la presse internationale que je ne suis pas responsable de l'échec des pourparlers." (2)

Les raisons principales de la nouvelle orientation palestinienne ont été clairement énoncées dans une interview de Mahmud Abbas [Abou Mazen] - publiée par le quotidien de l'Autorité palestinienne El-Ayam (3) - ainsi que par certains des plus anciens dirigeants palestiniens. Cette nouvelle orientation a donné naissance à un document du ministère palestinien de l'Information intitulé: "La proposition de paix de Camp David, juillet 2000- Questions souvent posées." Il apparaît en arabe et en anglais sur le site Internet du ministère palestinien de l'Information (4). La version en hébreu du document se trouve sur le site du département des négociations de l'OLP (5). Les citations reproduites ici sont traduites de la version anglaise.

Une bonne partie du document reste fidèle aux déclarations faites par les Palestiniens au sommet de Camp David. Cela dit, en comparant le nouveau document aux propos tenus par les dirigeants palestiniens un an plus tôt, on remarque deux choses: 1) que l'accent n'est plus placé sur les mêmes problèmes; 2) la présence de modifications de fond.

Le problème des réfugiés


Le document du ministère palestinien de l'Information rapporte que "Les Palestiniens cherchent à assurer le droit aux réfugiés palestiniens de retourner à leurs habitations dont on les a chassés en 1948. Bien que les négociateurs palestiniens aient essayé de tenir compte des exigences israéliennes légitimes [dans la version en hébreu, le mot "légitime" n'apparaît pas], c'est à Israël de définir quels sont ses besoins et de proposer des solutions de la manière la plus concise possible."

Plus bas, le document pose une question de principe sur le problème des réfugiés: "N'est-il pas déraisonnable du côté palestinien d'exiger le droit au retour illimité de tous les réfugiés palestiniens en Israël?"

La réponse de l'Autorité palestinienne est la suivante: "Le problème des réfugiés n'a pas été sérieusement traité à Camp David, parce que le Premier ministre Barak a déclaré qu'Israël n'en est pas responsable et n'a pas l'obligation de lui trouver une solution. Il est clair qu'on ne peut trouver une solution globale au problème si l'on ne résout pas d'abord un de ses éléments clé: la situation critique des réfugiés palestiniens. Le droit international stipule clairement que les non-combattants qui prennent la fuite au cours d'un conflit ont le droit de retourner chez eux une fois le conflit passé. Qu'Israël reconnaisse le droit de retour ne signifie pas pour autant que tous les réfugiés voudront l'exercer. Ce qui est exigé en plus de la reconnaissance est le "concept de choix " [dans la version en hébreu: "confirmation des différents choix possibles"; en arabe: "liberté de choix"] Les réfugiés pourront opter pour:

  1. l'installation dans un tiers pays
  2. l'installation dans un nouvel Etat palestinien indépendant
  3. la normalisation de leur situation dans les pays d'accueil.

D'autre part, le droit de retour pourrait être appliqué de façon progressive, en tenant compte des considérations démographiques d'Israël."

Retour en Israël ou choix entre différentes options


Dans leur nouvelle version, les Palestiniens déclarent qu'à Camp David, ils étaient favorables à ce qu'on laisse le choix aux réfugiés entre quatre possibilités, dont celle d'intégrer le nouvel Etat palestinien.

Et pourtant, en novembre 2000, Abou Mazen avait déclaré que les Palestiniens avaient refusé cette possibilité, exigeant que le retour se fasse uniquement vers Israël: "Il faut souligner, avait-il déclaré au quotidien londonien El-Hayat, qu'ainsi que nous l'avons déjà expliqué aux Israéliens, "droit de retour" signifie: possibilité d'un retour vers Israël, pas vers l'Etat palestinien, parce que le territoire de l'Autorité palestinienne, qui sera à l'avenir l'Etat palestinien, n'a pas expulsé de réfugiés, mais en a absorbé. Pas un seul réfugié ne vient de Gaza, Hébron, ou Naplouse. Tous les habitants de ces villes sont restés où ils étaient; par contre ces villes ont absorbé les réfugiés des régions environnantes. Jusqu'à 70% des résidants de Gaza, et 40% des résidants de Cisjordanie, sont des réfugiés. Ainsi, quand nous parlons du droit de retour, nous nous référons au retour des réfugiés en Israël, parce que c'est Israël qui les a expulsés et parce que leurs propriétés se trouvent là-bas." (6)

Le droit de retour: le principe et la mise en œuvre


La version actuelle du ministère palestinien de l'Information rapporte que, si le principe du droit de retour doit être absolu, il peut y avoir des modulations quant à sa mise en pratique, aussi bien pour ce qui est du temps requis ("le droit de retour peut être appliqué de manière progressive, en considération des craintes démographiques israéliennes") que de la répartition géographique, vu que de nombreux réfugiés pourraient préférer d'autres solutions.

Cette distinction entre le principe du droit de retour et une mise en pratique diversifiée a déjà été faite par certains des plus anciens dirigeants palestiniens, et est particulièrement mise en avant depuis le sommet.

Pourtant, au cours des négociations de Camp David puis de Taba, le principe n'a jamais été séparé de son application. Abou Mazen a expliqué que "la délégation palestinienne aurait refusé de limiter le nombre de réfugiés pouvant bénéficier du droit de retour même si les Israéliens avaient été prêts à le limiter à trois millions. Cela parce que nous voulons qu'Israël reconnaisse le principe du droit de retour. Quand ce sera fait, nous pourrons trouver un accord sur l'agenda du retour des réfugiés, ou sur les dédommagements allant à ceux qui ne souhaitent pas revenir." (7)

Saeb Arekat a déclaré, au cours d'interviews accordées aux quotidiens El-Hayat, El-Djadida et El-Ayam, que la proposition au problème des réfugiés a été rejetée parce qu'elle laissait la porte ouverte à une mise en pratique sans limite de temps, qui aurait donc pu durer éternellement." (8)

Cependant, Nabil Chaath, qui était également présent à Camp David et qui a mené à Taba les négociations sur le problème des réfugiés, a déclaré qu' "A Taba, nous n'avons pas changé un iota de ce que nous avons présenté à Camp David. Nous avons répété que l'acceptation de la résolution [194] ne nous suffisait pas, et que même la reconnaissance du droit absolu au retour ne nous suffit pas sans le relevé des moyens qui seront mis en œuvre, et une garantie internationale que ces moyens seront effectivement mis en œuvre, ainsi que l'exigent les résolutions de l'ONU. Je ne vais pas me satisfaire de leurs belles promesses. On doit répondre à mes inquiétudes en m'expliquant clairement comment exercer le droit de retour. Par exemple, de quelle façon un réfugié va-t-il faire sa demande? Comment puis-je lui garantir le retour? Si le réfugié revient, comment puis-je lui garantir qu'il va retrouver sa demeure? Et comment lui permettre de faire aussi venir sa famille? Est-ce que tout le clan pourra revenir? Et si oui, comment? Nous discutons de ces détails pour pouvoir assurer aux réfugiés la possibilité d'exercer le droit de retour.

(1) The New York Times, le 8 juillet 2001
(2) El-Ahram (Egypte), le 2 août 2001
(3) El-Ayam (Autorité palestinienne), le 28 juillet 2001 (1ère partie); le 29 juillet 2001 (2ème partie). Voir aussi les dépêches spéciales 249 et 250 pour plus de renseignements sur Abou Mazen
(4) Anglais:www.minfo.gov.ps/issues/camp_david_II.HTM Arabe:www.minfo.gov.ps/issues/camp_david_II_arabic.htm
(5) www.nad-plo.org/eye/newsH40.html
(6) El-Hayat (Londres-Beyrouth), le 23 et 24 novembre 2000
(7) El-Ayam (Autorité palestinienne), le 30 juillet 2000
(8) www.nad-plo.org/david/diaries/html
(9) El-Ayam (Autorité palestinienne), le 3 février 2001

 

2ème partie: Jérusalem et le retrait des territoires Par Yotam Feldner*

 

Le rapport du ministère palestinien de l'Information se réfère à la proposition israélienne faite à Camp David au sujet de Jérusalem en ces termes: "Selon la proposition de Camp David, les Palestiniens devaient renoncer à toutes leurs exigences [dans la version arabe: "à tous leurs droits"] sur la partie occupée de Jérusalem. Cette proposition forçait les Palestiniens à accepter l'annexion israélienne de toute la Jérusalem-Est arabe."

Ce rapport indique aussi que "Lors des pourparlers qui ont suivi Camp David, on a pu comprendre qu'Israël était prêt à reconnaître la souveraineté palestinienne sur les quartiers palestiniens isolés se trouvant dans Jérusalem-Est, mais ces quartiers auraient été entourés de colonies israéliennes illégales. De plus, elles auraient été séparées les unes des autres ainsi que du reste de l'Etat palestinien. Concrètement, cette proposition aurait donné lieu à la création de ghettos palestiniens au cœur de Jérusalem [En arabe, cette dernière phrase est remplacée par: "Le cœur peut-il vivre en dehors du corps?"]

Ce document affirme donc qu'il n'a été question de souveraineté sur Jérusalem-Est qu'au cours de discussions ultérieures, et que ce qui a été proposé à Camp David même était l'annexion israélienne de toute la partie Est de la ville. Ainsi, il n'est pas surprenant que les Palestiniens aient rejeté cette proposition.

Cependant, cette affirmation va à l'encontre de déclarations palestiniennes faites après le sommet. S'il est vrai que les propositions de Camp David concernant Jérusalem n'ont pas satisfait les exigences palestiniennes, il n'est pas moins vrai que la souveraineté partielle sur Jérusalem-Est a été proposée aux Palestiniens. Abou Mazen lui-même a déclaré qu' "il leur est une fois arrivé de parler de souveraineté [palestinienne] sur les villages qui entourent Jérusalem, d'autonomie pour les quartiers situés en dehors des murailles, et d'un statut spécial pour les quartiers situés à l'intérieur des murailles; une autre fois, ils ont parlé de souveraineté sur les quartiers situés en dehors des murailles, d'autonomie pour les villages environnants, et d'un statut spécial pour les quartiers situés à l'intérieur des murailles."

Une autre proposition du sommet (venant des Américains) consistait à diviser la vieille ville de façon à ce que les quartiers juifs et arméniens soient sous souveraineté israélienne et les quartiers chrétien et musulman sous souveraineté palestinienne. Barak n'a pas rejeté cette proposition. Elle a été éliminée parce que les Palestiniens n'étaient pas prêts à accepter la moindre souveraineté israélienne sur quelque partie que ce soit de la vieille ville. Saïb Arekat a rapporté cette proposition de la façon suivante: "Clinton a dit que les Palestiniens exerceraient une souveraineté complète sur les quartiers musulman et chrétien. Pour ce qui est du site de la mosquée El-Aqsa, le Conseil de sécurité [de l'ONU] prendra la décision de la remettre aux mains de la Palestine et du Maroc, au président du comité de Jérusalem, tandis qu'Israël conservera la souveraineté totale sur le lieu" (2)

Robert Malley, conseiller du président Clinton, a lui-même précisé qu' "A Jérusalem, les nombreux quartiers arabes situés à l'Est [de la ville] ainsi que les quartiers chrétiens et musulmans auraient été sous souveraineté palestinienne." (3) Malley a expliqué le refus palestinien par la volonté d'Israël de conserver la souveraineté sur le Haram El-Sharif. Et le fait est que le débat à Camp David a essentiellement porté sur le Mont du Temple et ce qui a été surnommé le "bassin sacré".

Les dirigeants palestiniens ne se sont pas plaints, en quittant Camp David, qu'on ne leur ait pas proposé de souveraineté sur Jérusalem-Est; ils ont déclaré avoir repoussé la proposition à cause des exigences israéliennes portant sur le Mont du Temple, de la volonté d'Israël de conserver la souveraineté sur le quartier arménien et surtout sur le Mur occidental. Saïb Arekat rapporte les propos d'Arafat en ces termes: "Je n'accepterai pas de souveraineté israélienne à Jérusalem, ni dans le quartier arménien, ni sur la mosquée d'Al-Asqa, la Via Dolorosa ou l'église du Saint sépulcre." (4) Récemment, Arafat a ajouté que selon la proposition de Camp David, les Israéliens "auraient eu les églises et le quartier
arménien. Je leur ai dit: Je m'appelle Arafatian, pour leur indiquer mon appartenance au groupe ethnique arménien et mon engagement à défendre leurs droits." (5)

A la lumière de ces propos, on peut affirmer que les propositions américaines et israéliennes faites à Camp David n'ont pas répondu au minimum des exigences palestiniennes, mais pas que c'est l'annexion israélienne de "toute la partie Est de la Jérusalem arabe" qui était en cause, comme l'affirme le ministère palestinien de l'Information.

Changement d'orientation de l'Information palestinienne


La section sur Jérusalem du nouveau rapport palestinien montre que la direction palestinienne cherche à rectifier la position qui a été la sienne à Camp David dans le but d'améliorer son image. Un élément essentiel, véritablement sanctifié au cours d'interminables discussions s'allongeant sur des jours entiers, le site El-Haram El-Sharif, n'est même pas mentionné dans la nouvelle version du ministère palestinien de l'Information.

Quand la direction palestinienne a quitté le sommet de Camp David, elle a justifié son rejet de la proposition israélienne pour les trois raisons suivantes: l'atteinte à la sainteté de Jérusalem, aux droits des réfugiés, et enfin au droit et à l'honneur des Palestiniens pour ce qui est de la question territoriale. En d'autres termes, le refus palestinien avait des raisons émotionnelles et symboliques.

L'Occident a eu et a toujours du mal à accepter des exigences basées sur des considérations émotionnelles et symboliques, surtout quand en face se trouve le Premier ministre israélien Ehoud Barak qui "a abattu toutes les vaches sacrées" et renoncé à tous les symboles, pour arriver à ce qu'il considérait comme une solution réaliste. Le monde occidental a eu d'autant plus de mal à comprendre ces arguments émotionnels et symboliques que ceux-ci vont de pair avec un entêtement se traduisant aussi par des attentats. Quand Arafat est revenu de Camp David, la foule est allée l'acclamer à Gaza. "Jérusalem, c'est tout Jérusalem, pas seulement le Saint sépulcre, El-Haram ou le quartier arménien", a-t-il déclaré, ajoutant: "et celui a qui cela ne plaît pas n'a qu'à aller boire le sel de la mer morte" (6) Le monde a condamné cette attitude, qui a valu à Arafat la réputation de "celui qui dit toujours non".

Hanan Ashrawi, récemment nommée porte-parole de la ligue arabe, a reconnu que l'attitude publique du ministère palestinien de l'Information était "choquante" et "catastrophique", et a ajouté que Barak en avait profité pour convaincre le monde qu'Arafat était coupable. "Les Palestiniens se sont exprimés à l'ONU comme s'ils se trouvaient en face d'un groupe de Palestiniens dans une rue de Gaza" a-t-elle dit. (7)

Le ministère palestinien de l'Information, conscient que l'image des Palestiniens est moins bonne depuis Camp David, a opté pour un changement d'orientation qui l'a conduit à mettre en avant des arguments réalistes. Les Palestiniens ont décrété que la proposition du sommet avait été refusée parce qu'elle n'était pas "viable", non plus parce qu' "elle violait leurs droits 'sacrés' et 'légitimes' ", ni parce qu'elle représentait un affront à l'honneur des Palestiniens. Aucune référence au Haram El-Sharif, au Saint sépulcre, au Mur occidental, au Mur des lamentations, au Mur Al-Bourak, à l'affirmation d'Arafat selon laquelle il n'y a jamais eu de Temple juif à l'emplacement du Dôme du Rocher, au débat engendré par des problèmes tels que: "Les Juifs auront-ils le droit de sonner du schofar sur la place du Mur occidental?" ou: "La circulation des ânes appartenant aux Arabes sera-t-elle autorisée uniquement jusqu'à une certaine heure le matin?" ne figurent sur le document remanié du ministère palestinien de l'Information. A la place, on retrouve systématiquement le même terme: "viabilité".

La proposition de Camp David a "retiré à l'Etat palestinien son potentiel de viabilité et d'indépendance"; "un tel état aurait été moins souverain et moins viable que les bantoustans créés par le régime de l'Apartheid d'Afrique de Sud. Les Palestiniens cherchent à établir un Etat viable et souverain sur leur propre territoire", et "On ne peut attendre d'aucun peuple qu'il renonce à ses droits fondamentaux ou à la viabilité de son Etat."

La taille du territoire sur lequel l'Etat palestinien aurait été déclaré a aussi subi des modifications dans la dernière version du ministère de l'Information, également dans le but de donner une meilleure image des dirigeants palestiniens. Les Palestiniens exigent 100% de la Cisjordanie et de la bande de Gaza, en se référant à la résolution 242 du Conseil de Sécurité de l'ONU, ainsi que le reflètent d'innombrables déclarations, dont celle d'Abou Mazen: "Je me couperai la main si celle-ci signe un accord où il manque un centimètre du territoire palestinien conquis en 1967." (8) En signe de compromis, les Palestiniens se son montrés prêts à accepter un échange limité de territoires, équivalents en taille et en valeur, de façon à ce que la superficie totale de l'Etat soit égale à 100% de la Cisjordanie et de Gaza. Telle était leur exigence à Camp David, et elle est restée la même jusqu'à ce jour.

En conclusion du sommet de Camp David, la communauté internationale a fixé que la proposition faite aux Palestiniens comprenait un Etat incluant la bande de Gaza et 95% de la Cisjordanie. Ceci n'a pas été tout de suite démenti: Fayçal Husseini, par exemple, a déclaré en mars de cette année: "Barak a accepté un retrait de 95% du territoire palestinien occupé depuis 1967 (…) Si nous empêchons Sharon d'assurer la sécurité, personne d'autre ne pourra mener le dialogue avec nous, si ce n'est à partir du point où Barak s'est arrêté, c'est à dire à notre droit à 95% du territoire." (…)

Aujourd'hui, les Palestiniens se sont mis d'accord sur le fait que la proposition de Camp David portait sur 91% de la Cisjordanie, ainsi que sur un pourcentage supplémentaire ayant le statut de prêt à long terme, comme l'indique Malley dans son article du New York Times. Cependant, le ministère palestinien de l'Information ne précise pas quelle aurait été la taille de l'Etat proposé aux Palestiniens. Il a préféré mettre l'accent sur le pourcentage de terre qu'Israël a demandé à garder en Cisjordanie, c'est-à-dire sur l'annexion de quelques 9% de territoire palestinien occupé contre 1%, dans le cadre de l'échange de territoires. Le ministre palestinien de l'Information souligne que ce qui compte, ce n'est pas le pourcentage de terre, mais l'indépendance et la viabilité de l'Etat. Selon sa nouvelle version, si Israël garde une partie de la Cisjordanie, ce sera une atteinte à la viabilité de l'Etat, plus qu'aux droits légitimes
des Palestiniens tels qu'ils sont définis par leur interprétation de la résolution 242 de l'ONU.

*Yotam Feldner est le directeur des analyses médiatiques de MEMRI.

Notes:

(1) El-Hayat (Londres-Beyrouth), les 23 et 24 novembre 2000
(2) Tiré de: www.nad-plo.org/david/diaries:html
(3) New York Times, le 8 juillet 2001
(4) El-Hayat El-Djadida (Autorité palestinienne), le 12 août 2000
(5) El-Ahram (Egypte), le 2 août 2000
(6) El-Hayat El-Djadida (Autorité palestinienne), le 28 juillet 2000
(7) El-Kahira (Egypte), le 21 août 2001
(8) Al-Qouds (Autorité palestinienne), le 11 novembre 1998
(9) El-Safir (Liban), le 21 mars 2001

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