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Une journée avec l'Ambassadeur.

Après plusieurs semaines de préparatifs, cette journée commençât à 9h30 le Mercredi 30 Mai sur le tarmac de l'aéroport de Saint Geoirs.
Une vraie journée marathon pour Monsieur Elie Barnavi, Ambassadeur d'Israël en France :

-Réception à la permanence de Monsieur Cazenave,
-Visite d'un laboratoire de Biophysique Moléculaire (Institut de Biologie Structurale), travaillant en relation avec l'Institut Weismann de Tel Aviv,
-Déjeuner en présence de nombreux scientifiques à l'invitation du Professeur Feuerstein, Président de l'Université Joseph Fourier,
-Entretien avec Monsieur le Préfet de l'Isère, Alain Rondepierre,
-Visite de la Chambre de Commerce et d'Industrie en présence de son président, Roger Pellat-Finet ,
-Club de la presse sur Radio Kol Hashalom,
-Cocktail au Centre Culturel Juif avec les représentants des associations juives,
-Point de presse avec Le Dauphiné Libéré, les Affiches de Grenoble, L'essentiel, FR3, M6, Radio France Isère, Radio Alpes 1
-Entrevue avec une délégation des manifestants opposés à la venue de l'Ambassadeur,
-Rencontre à la mairie avec Monsieur Michel Destot et ses adjoints,
-Discussions avec l'opposition municipale,
-Allocution publique dans les salons de l'Hôtel de Ville,
-Réception au Musée de Grenoble " Voix pour la Paix " et enfin tard dans la nuit, dîner-débriefing à l'Hôtel.

Je vous donnerais mes impressions personnelles sur deux moments forts de cette journée : l'entrevue avec la délégation opposée à la venue de l'Ambassadeur et le dîner en comité restreint à l'hôtel.

L'entrevue commence de façon très courtoise, les représentants offrent à Monsieur Barnavi un Olivier en pot.
Le représentant des Palestiniens de France dépeint la vie de ses parents à Bethléem avec toutes les difficultés qu'ils rencontrent et ce sentiment d'humiliation qu'ils ressentent. Il demande à Monsieur Barnavi, qu'il " a eu le plaisir d'entendre quelques années auparavant ", s'il n'avait pas changé d'avis vis à vis des colonies et de " l'échec inéluctable de la colonisation dans tous les pays y compris Israël ".
Monsieur Barnavi rappela, en trois points, les propositions de Camp David que Monsieur Arafat n'avait pas voulu signer :
-Restitution de 100% de la surface des territoires occupés. Avec 95% correspondant aux territoires d'avant 1967 et 5% de " compensation " avec des terres israéliennes,
-Souveraineté sur la partie est de Jérusalem,
-Pour les lieux saints, plusieurs propositions étaient faites : souveraineté par " étage ", souveraineté " divine " etc…
A la clé de cet accord, l'Autorité Palestinienne recevait un chèque de 30 milliards de dollars.
" Pourquoi avez-vous refuser cet accord ? Quant serait-il aujourd'hui ? "
La réponse vint du président du MRAP : " Vous leurs imposez une paix dans l'humiliation. Ce n'est pas une paix d'égal à égal ! ".
A ce moment Monsieur Jack Revah, qui accompagnait l'Ambassadeur, tend à Monsieur Barnavi une carte de visite au dos de laquelle, quelques mots en hébreu, informent l'Ambassadeur de l'explosion d'une bombe devant une école à Natanya. Le visage de Monsieur Barnavi se fige, ses mains se crispent sur le papier cartoné. Après quelques secondes, il tend le papier à ses interlocuteurs et leur annonce l'attentat.
En tant qu'observateur, j'ai été stupéfait par la réaction du président du MRAP, qui sans condamner expliquait, le visage déformé par ce que j'appellerais la haine, que c'était la suite logique des actes israéliens.
Le Palestinien condamna et ajouta " cela ne sert pas la cause palestinienne ".
A la question " comment faire pour que tout cela cesse ? ", Monsieur Barnavi expliqua l'importance du rapport Mitchell, que chaque camps avait accepté, qui stipule " sans ambiguïtés " la marche à suivre, c'est à dire " l'arrêt immédiat et inconditionnel des violences ".
Une voix monocorde et féminine se lève du fond de la salle pour dire " la violence israélienne ! "
L'Ambassadeur tend le papier vers cette femme et lui dit " Vous pensez que le jour où ces attentats s'arrêtent nous continuerons à tirer sur les palestiniens ? "
Cette femme lève les yeux vers Monsieur Barnavi et sans émotions, répond " mais bien sûr "… La discussion était close.
L'idéologie aveugle les esprits.

Quelques heures plus tard, le marathon touche à sa fin, après un bain de foule au cocktail du Musée, nous décidons d'aller dîner au restaurant de l'hôtel.
A huit autour d'une table, les vestes posées, la discussion s'engage. La satisfaction d'une journée bien remplie, sans fausses notes, efface la fatigue de chacun. Nous retrouvons un homme de culture, de conviction, un homme plein d'humour, un homme de paix. 1 heure du matin, nous allons nous coucher.

Une journée avec l'Ambassadeur...

Alain COHEN-BOULAKIA

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