Compte rendu du petit déjeuner organisé par le CRIF Grenoble-Isère avec les candidats aux élections régionales et cantonales du parti socialiste(3 Mars 2004)


Candidats présents :

- Bernard SOULAGE (élection régionale)
- Eliane GIRAUD (élection régionale)
- Jean-Paul GIRAUD (élection cantonale)
- Jérôme SAFAR (élection cantonale)


Le Président Jean-Luc MEDINA a commencé l’entretien en interrogeant les différents candidats sur le contenu de leur programme.
Bernard SOULAGE a le premier pris la parole. Pour ce candidat, cette élection est d’abord un moyen pour les français de s’exprimer sur la politique nationale après deux ans de gouvernement RAFFARIN. Le Gouvernement tiendra compte du résultat des élections cantonales et régionales. Pour Monsieur SOULAGE, il faut dire non à la politique du gouvernement actuel notamment s’agissant de l’emploi et de la protection sociale.
Ensuite, et toujours selon le même candidat, sur le plan régional il faut tenir compte du risque que présente le Front national. Il est donc particulièrement important d’aller voter.
S’agissant maintenant de son projet, Monsieur SOULAGE souhaite d’abord s’appuyer sur l’action du Conseil général de l’Isère et faire la même chose. Le candidat précise en outre que sa liste a des objectifs précis sur l’emploi, la formation, les transports et la culture. L’accent sera mis sur trois dimensions : l’emploi, la formation (il faut réorienter les crédits formation) et l’environnement (assurer un développement durable).

Jean-Paul GIRAUD, s’est ensuite exprimé en commençant par souligner l’importance d’intéresser les électeurs aux élections pour deux raisons. D’une part, le mouvement très fort de décentralisation fait que les collectivités locales concentrent toute une série de pouvoir. Notamment le RMI comme l’APA sont gérés par le département. D’autre part, c’est au niveau local que se joue la coexistence pacifique des différents groupe sociaux.

Un second thème a été ensuite abordé par Jean-Luc MEDINA. Le président du CRIF Grenoble-Isère a évoqué la prise de conscience de la classe politique sur le problème de l’antisémitisme et la nécessité de faire la part des choses entre ce qui se passe au Moyen-Orient et l’antisémitisme pur et simple. Puis citant l’affaire DIEUDONNE, Jean-Luc MEDINA a regretté que la critique du gouvernement israélien soit devenue l’excuse pour pouvoir tenir des propos antisémites.

Sur ce point, Bernard SOULAGE a d’abord présenté une condamnation claire et totale des propos de DIEUDONNE. Ensuite, s’agissant de TARIK RAMADAN, il a condamné sa présence au forum social. Enfin, le candidat a estimé que l’on peut s’exprimer comme on l’entend sur la situation au Moyen-Orient mais que cela n’a rien à voir avec l’antisémitisme.

Jean-Paul GIRAUD quant à lui a déclaré que l’antisémitisme est une gangrène et qu’aucun des partis n’en est totalement exempt. Il y a historiquement un antisémitisme de gauche et antisémitisme de droite a-t-il affirmé.

Pour Jérôme SAFAR, le sentiment d’insécurité de la communauté juive est partagée à tous les niveaux. Ce candidat a ensuite estimé que les socialistes savaient faire la différence entre l’antisémitisme et le conflit au Moyen-Orient. Cependant, il a regretté la profonde méconnaissance du fait religieux et politique de la part des élus locaux.

Eliane GIRAUD, a pris la parole à son tour pour exprimer d’abord son soucis d’intéresser les citoyens aux élections. Ensuite, la candidate a exprimé la nécessité d’une vigilance suite à l’affaire MILLON, et a rappelé que le groupe socialiste a fait preuve d’une grande cohésion sur cette question.

Jean-Paul GIRAUD s’est ensuite exprimé pour d’abord faire un constat : la xénophobie est aujourd’hui croissante. Pour endiguer ce fléau, il faut d’abord, selon le candidat, condamner et éduquer. Monsieur GIRAUD s’est engagé à faire un travail éducatif dans les collèges et les lycées. En outre, il faut porter selon lui des projets à l’échelle de la méditerranée.


Prenant la parole, Monsieur KRAKOVITCH a interrogé les candidats sur la manière d’endiguer le prosélytisme islamiste.
Monsieur GIRAUD a répondu en commençant par insister sur la nécessité de ne pas séparer la question du racisme de celle de l’antisémitisme. Il a ensuite affirmé son attachement à la liberté de culte. Puis il a constaté qu’il existe en France des petits groupes islamistes déviants et structurés. Sur ce point, a-t-il dit, il faut mener une double action : d’une part, permettre à celui qui veut être musulman de l’être mais lutter sans merci contre les groupes déviants.

Jacques THIAR est ensuite intervenu. Il a d’abord demander aux candidats s’il y’aura au second tour une alliance entre le parti socialiste et les différents partis d’extrême gauche. Puis, il a cité une affaire concernant un député européen de gauche, Monsieur ZIMERAY. Ce député a prouvé des financements européens accordés à l’autonomie palestinienne et il se retrouve aujourd’hui marginalisé à l’intérieur du PS. Enfin s’agissant de l’antisémitisme, Jacques THIAR a informé les candidats que trois enfants ont été exclus du collège Stendhal pour avoir proféré des insultes antisémites.

S’agissant de l’antisémitisme, Monsieur SOULAGE a dit qu’il a eu un long entretien avec l’archevêque de Lille et a constaté une espèce de naïveté sur la question de l’antisémitisme. En outre, il a rappelé la responsabilité de la Région dans le domaine éducatif et évoqué un projet dans les lycées.
Ensuite, s’agissant de Monsieur ZIMERAY, Bernard SOULAGE a assuré qu’il ne s’agissait pas du tout d’antisémitisme mais d’un jeu de chaises musicales au PS.

Enfin, Eliane GIRAUD a estimé qu’il faut en faire plus sur les visites des lieux de mémoire.


Eric HATTAB
Crif Grenoble Isère



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