Louis
MERMAZ, Député de l'ISERE
Monsieur Jean-Luc MEDINA, Président du CRIF
Monsieur le Président,
J'ai pris connaissance avec beaucoup d'attention de votre correspondance
datée du 6 Septembre dernier.
Le Parti socialiste dont je suis membre ne saurait accepter que
la démocratie israélienne puisse être assimilée
de près ou de loin à un Etat d'inspiration raciste.
C'est bien entendu ma position personnel.
Vous pouvez faire état de ma correspondance auprès
de vos adhérents.
Je vous prie de croire, Monsieur le Président, à
l'expression de mes sentiments les meilleurs.
Louis MERMAZ
Gilbert BIESSY,
Député de l'Isère
Président du S.M.T.C.Maire honoraire d'Echirolles
Monsieur le Président,
Par un courrier du 6 septembre dernier, reçu le 12, vous
avez souhaité me faire part de l'émotion que vous
éprouviez, avec l'ensemble de la communauté juive
de France, devant les conditions dans lesquelles se déroulait
la conférence de l'ONU contre le racisme à Durban.
J'en ai pris bonne note.
Vous avez par ailleurs souhaité connaître ma position
sur ce sujet et l'autorisation de la rendre publique.
Il va de soi que les prises de position des élus sont faites
pour être rendues publiques et qu'il est tout à fait
naturel que vous rendiez compte des réponses qui vous sont
faites.
S'agissant de la conférence de Durban, je vous confirme
que je réprouve certains propos qui y ont été
tenus, négationnistes ou assimilant pratiquement la création
de l'Etat d'Israël à un acte de racisme. Ces propos
sont insultants et évidemment faux.
Bien-sûr, le terrorisme a existé préalablement
la construction de l'Etat d'Israël ...bien sûr l' Irgoun,
le groupe Stern . .. hantent encore des mémoires attentives.
Mais il n'y a nul lieu de s'ériger en comptables de l'horreur.
Les juifs du XX° siècle ont été fondamentalement
des victimes et il est vain, voire parfois criminel, de le contester.
En même temps, je souhaite que les Israëliens du XXI°
siècle ne soient pas, pour leur part, des bourreaux : Le
hasard a voulu que je prenne connaissance, juste avant de vous lire,
de la lettre ouverte de Théo Klein (dont je n'ai évidemment
nul besoin de rappeler ici le rôle qui est le sien dans la
communauté juive de France) à Ariel Sharon, publiée
par " Le Monde " daté du 6 septembre. Je rejoint
totalement Monsieur Klein dans ses craintes et dans son exhortation
aux dirigeants d'Israël.
L'actualité intervenue depuis lors, l'horreur des frappes
aveugles (le furent?elles ?) à New?York ne peut que me renforcer,
en même temps dans la condamnation de ces actes monstrueux,
et dans la crainte du danger immense que représenterait ce
Monsieur G.W. BUSH appelle fort inopportunément une "
croisade ".
La conférence de Durban a dérivé, certes...
mais j'ai peur que ce soit tout à coup notre monde qui se
mette à dériver.
Mon souhait le plus cher est que les êtres humains de bonne
volonté, au?delà de leurs origines religieuses, politiques,
historiques et autres, adoptent une grille de lecture commune du
monde.
Que nous sachions sortir, si vous me permettez cette image, de
cette " tour de Babel politique " où personne ne
peut plus comprendre les autres et où aucune construction
commune n'est donc possible.
Car nous avons un monde à construire. C'est sans doute utopique,
mais il y a urgence à cette utopie là. La lettre de
Théo Klein nous rend espoir.
Voilà ce qu'en trop peu de mots, je puis dire de la situation
actuelle.
J'espère avoir quelque peu répondu à vos interrogations
et, dans cette perspective, je vous prie d'agréer, Monsieur
le Président, l'expression de mes sentiments dévoués.
Gilbert Biessy
Charles
DESCOURS, Sénateur, Conseiller Général
Monsieur le Président,
Vous avez souhaité attirer mon attention sur les conditions
dans lesquelles s'est déroulée la conférence
de l'ONU. contre le racisme à Durban.
Je transmets aussitôt votre courrier à mon collègue
le sénateur Philippe RICHERT, Président du groupe
sénatorial d'amitié France-Israël, afin qu'il
sensibilise nos collègues sur la dérive antisémite
que vous avez constatée et prenne les dispositions qui lui
paraîtraient utiles.
Vous remerciant de la confiance que vous avez bien voulu me témoigner,
je vous prie de croire, Monsieur le Président, à l'assurance
de ma considération distinguée.
Charles DESCOURS
Didier
MIGAUD, Député de l'Isère
Maire de Seyssins
Le 21 septembre 2001
Monsieur le Président,
J'ai bien pris connaissance de votre courrier relatif à
la conférence de l'ONU contre le racisme.
Je vous en remercie.
Soyez assuré que sa lecture a retenu toute mon attention.
La conférence de Durban me semble en effet avoir dévié
de sa vocation première. Il n'est jamais bon, selon moi,
que ce type d'événements soit le théâtre
de prises de positions partisanes, loin de l'esprit de tolérance
et de progrès qui devrait prévaloir à l'ONU.
Je souhaite pour ma part voir, en ce début d'année
juive, de l'espoir dans les signes d'apaisement envoyés à
la fois par Yasser ARAFAT, responsable de l'autorité palestinienne
et Ariel SHARON, premier ministre israélien. Je souhaite
que le cessez-le-feu décidé par ces deux hommes et
les efforts de médiation de Shimon PERES puissent aboutir
à un accord de paix durable et respectueux des peuples dans
cette région. Les événements de ces derniers
jours ne mettront pas, je l'espère, fin à cette démarche.
Restant toujours à votre disposition, je vous prie de croire,
Monsieur le Président, à l'assurance de mes sentiments
les meilleurs.
Didier MIGAUD
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