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Cérémonie
commémorative à la mémoire des victimes d'actes racistes
de l'état français et d'hommage aux justes de France
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Grenoble le Dimanche 22 Juillet 2001
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ALLOCUTION DE MAITRE JEAN-LUC MEDINA Président du CRIF GRENOBLE ISERE
Les 16 et 17 Juillet 1942 resteront dans l'histoire de notre pays une marque d'infamie.
En ces jours d'Eté, plusieurs dizaines de milliers de Juifs parqués dans des conditions épouvantables sous la garde vigilante et sans pitié de la Police Française furent déportés vers les camps de la mort.
Des responsables politiques, des administrateurs, des policiers, des gendarmes prirent leur part à ce forfait.
Cette rafle fut décidée, planifiée et réalisée par des Français.
Pas un seul soldat Allemand n'y participa.
Au total sur les 75 000 Juifs déportés de France, 73 221 hommes, femmes et enfants ne sont jamais revenus.
La France, Patrie des lumières accomplissait l'irréparable.
Le 16 juillet 1995, Monsieur le Président de la République Jacques CHIRAC, suivi par le monsieur le premier Ministre Lionel JOSPIN, reconnaissait la responsabilité de la France dans les crimes commis en son nom à l'encontre des Juifs par les gouvernements dirigés par Philippe PETAIN.
Le mythe d'une France ni coupable, ni et ni responsable tombait.
La France faisait face à son passé avec dignité.
Des commissions d'enquêtes sur les spoliations des biens Juifs ont été mises en place aussi bien au niveau national que dans certaines villes de province comme Grenoble.
Une commission d'indemnisation des biens spoliés fonctionne, les enfants orphelins Juifs de parents déportés sont enfin indemnisés, une fondation nationale de l'histoire et de la pédagogie de la Shoah vient d'être créée.
Le processus de réparation passe nécessairement et exclusivement par l'établissement de la vérité et de la justice, par l'enseignement de l'histoire de la Shoah et de sa signification.
L'irréparable n'a pas de prix.
Il faut continuer sans relâche d'expliquer le phénomène nazi, le fascisme, le totalitarisme, alors que les témoins survivants nous quittent année après année, tout comme il faut enseigner les pages glorieuses de la résistance, l'aide de nombreux français aux Juifs et le sauvetage d' enfants qui cherchaient à échapper à leur bourreau.
Il ne faut pas confondre le régime de Vichy et la République, les collaborateurs et les résistants, les prudents et les justes.
Cette journée est l'occasion de célébrer ceux qui au péril de leu vie ont contribué à sauver des juifs persécutés.
Tous ses hommes et femmes de France que nous tenons à remercier au plus profond de notre cur et qui symbolisent la dignité et l'espérance.
Oublier c'est se choisir complice disait Elie Wiesel.
Par cette journée, nous nous souvenons. Nous observons le devoir de mémoire pour préserver l'avenir et celui de nos enfants alors que l'année 2000 a été marquée en France par une recrudescence d'actes antisémites ,sans précédent depuis la fin de la seconde guerre mondiale accompagnée d'une banalisation de propos anti-juifs.
Cela démontre que le racisme et l'antisémitisme ne sont pas morts.
Cela démontre que nous devons plus que jamais affirmer haut et fort le principe du respect de la dignité humaine pour que demain ne ressemble pas à hier et pour que nous puissions transmettre aux générations futures un message d'espoir.