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Elie Barnavi, Ambassadeur d'Israël en France
Revue de Presse

" Si j'ai une politique, c'est de considérer mes interlocuteurs comme des partenaires, de leur parler et de les écouter " Elle Barnavi
Historien spécialisé dans les guerres de religions de fa fin du XVe siècle en France, l'intellectuel de gauche, laïc, militant de la paix, dit être passé naturellement d'une " éthique de conviction " à une " éthique de responsabilité ", en devenant ambassadeur.
Epris de la culture, de la langue, et de ce qu'il nomme " l'aventure nationale " française, Elle Barnavi est sans doute l'ambassadeur le plus enraciné dans l'histoire européenne: il affirme que les liens historiques très forts entre Israël et l'Europe pourront, dans un avenir peut-être encore lointain, jouer comme modèle au ProcheOrient, pour une construction régionale aujourd'hui dramatiquement menacée.
Né en 1946 à Bucarest, Eli Barnavi émigre à 14 ans en Israël et, " jeune sioniste ", vit en kibboutz. Il étudie les Sciences politiques et l'Histoire à l'Université de Tel-Aviv, et en 1971, il achève sa formation d'historien à la Sorbonne, où il se lie d'amitié avec Francois Furet et de nombreux intellectuels français.
Professeur à l'Université de Tel Aviv, Elle Barnavi est directeur du Comité scientifique du Musée de l'Europe à Bruxelles, lorsqu'il est nommé ambassadeur.
Parmi se ouvrages
La politique étrangère du général de Gaulle, PUF, 1988 Lettre de l'ami israélien à l'ami palestinien, Flammarion, 1988 Israël au Xxe siècle, Paris, Flammarion, 1988 Histoire universelle des juifs (collectif) Hachette, 1992 Les juifs et le XXe siècle, dictionnaire critique, collectif, Calmann-Levy, 2000

DAUPHINE LIBERE 30 Mai 2001

La paix est possible
GRENOBLE. Sur fond de manifestation pro palestinienne, la visite de l'ambassadeur d'Israël en France, aura été l'occasion pour Elie Barnavi de rencontrer les élus grenoblois et les membres du Crif, mais aussi les manifestants. A tous il a dit son espoir, même faible, de voir la situation se débloquer dans les semaines à venir.

DAUPHINE LIBERE 30 MAI 2001

L'espoir prudent de l'ambassadeur d'Israël
GRENOBLE. Elie Barnavi a rendu visite à l'Isère, hier, et plus particulièrement à la communauté juive, à laquelle il a fait part de son espoir ténu d'un règlement du conflit avec les Palestiniens
Ces deux peuples, Elle Barnavi les compare volontiers à des frères siamois qui se cherchent la gorge depuis qu'ils sont petits". La communauté juive de Grenoble et les militants pro-palestiniens en ont donné la triste image, hier, lorsque, en fin d'après-midi, ils se sont croisés à l'entrée de l'Hôtel de ville.
"Pour nous, la première violence est la violence militaire et l'occupation", indique un porte?parole de la délégation pro-palestinienne, qui vient d'être reçue par l'ambassadeur d'Israël dont elle estimait la venue "inopportune".
L'orateur n'aura guère le loisir d'aller plus avant dans le compte rendu de cet entretien Plusieurs membres de la communauté israélite, qui attendent la réception officielle en mairie, prennent en effet à partie son auditoire en accusant les Palestiniens de tous les maux. "Vous n'avez pas honte ?", interroge l'un d'eux "Allez-y et vous verrez", hurle un individu. "Il y a encore eu un attentat ce matin".
Si la tension arrive à être si vive loin de la Cisjordanie, peut-on un jour espérer la paix ? Elie Barnavi semble se faire guère d'illusions. "L'espoir que nous avions, a été mis en lambeaux", a-t-il déclaré lors de sa réception officielle en mairie. Pourtant, "il n'y a pas de choix, pas de véritable alternative". Alors, il garde l'espoir "qu'il reste suffisamment de gens raisonnables des deux côtés pour y parvenir rapidement". Rapidement, car " nous vivons des jours cruciaux. Nous avons décrété un cessez-le feu unilatéral, mais la violence a repris de plus belle. Il y a d'énormes pressions sur le gouvernement pour reprendre les frappes, mais il a jusqu'à présent résisté Tout sera joué d'ici dix jours à deux semaines".
Pour le diplomate, qui l'a martelé, hier soir, devant la communauté juive réunie au Musée de Grenoble, "nous disposons d'un atout :les conclusions du rapport du sénateur américain Mitchell, qui, pour une fois, fait l'unanimité. Ce que ce document exige, c'est l'arrêt inconditionnel de la violence. Ou bien cela. marche, grâce à une pression internationale assez forte, et nous parvenons à utiliser ce rapport comme un levier de la négociation; ou bien ça ne marche pas, et les attentats continuent". Dans ce cas, Elie Barnavi n'hésite pas à envisager comme l'une des solutions possibles la disparition de Yasser Arafat...
L'ambassadeur, dont il n'est pas indifférent de souligner qu'il est un intellectuel de gauche, même s'il a été nommé à Paris par Ariel Sharon, se montre accablant avec le leader de l'OLP "Le problème avec Arafat, c'est qu'il est devenu illisible", a confié M. Barnavi à la presse. "On ne sait pas exactement ce qu'il veut. D'après nos analyses, il contrôle 80 % de la situation Il ne contrôle pas tout, mais il contrôle assez pour imposer un cessez-le-feu progressif. S'il ne le veut pas, c'est qu'il a un prix politique à payer à ça".
Avant d'en arriver à l'extrémité de l'élimination d'Arafat, Elle Barnavi appelle les États-Unis à "exercer leur superpuissance. Je crois que c'est d'une extrême importance qu'ils s'impliquent On ne peut jamais laisser perdurer une situation sans risque qu'elle ne pourrisse".
J.Ch.S.

Fallait-il recevoir l'Ambassadeur ?
La réception officielle de l'ambassadeur d'Israël par la municipalité de Grenoble, hier, était jugée "inopportune" par les associations proches des Palestiniens (Centre d'information inter peuples, Mrap, Chrétiens Proche Orient, association des Palestiniens en France notamment), qui avaient réuni une centaine de manifestants, devant l'Hôtel, de ville. Une délégation de ces associations a été reçue par Elie Barnavi.
Plusieurs élus de la majorité plurielle (ADES et une conseillère municipale PCF), ainsi que Rose fine Vachette, députée européenne (LCR), ont regretté ce geste, pouvant être interprété comme un soutien à la politique d'Ariel Sharon, et ont appelé Michel Destot à recevoir prochainement Leïla Shahid, déléguée générale de l'OLP en France. Michel Vannier (PCF), adjoint au maire; a quant à. lui remis un communiqué à l'ambassadeur dans lequel il affiche notamment sa "solidarité avec l'Autorité et le peuple palestiniens". Dans son discours, Michel Destot voulu voir dans la visite de M. Barnavi, "le signe d'œuvrer pour la paix et l'entente entre peuples". Le maire de Grenoble a d'ailleurs rappelé les liens de sa commune avec le district de Bethléem et la ville de Beit Jala, aussi avec la ville israélienne de Rehovot. "Le peuple Palestinien souffre", a estimé M. Destot "Nous sommes nombreux ce soir reconnaître que la cause qu'il défend, un État autonome, est justifiée, dès lors qu'elle ne s'impose pas unilatéralement à une autre cause juste, celle de l'intégrité et de sécurité d'Israël".


DAUPHINE LIBERE 1 JUIN 2001

Précisions après la visite de l'ambassadeur d'Israël
M.Jean-Luc Médina président du CRIF Grenoble-Isère (Conseil représentatif des institutions juives de France) tient à apporter les précisions à la suite de l'article paru dans notre édition du 31 mai, relatant la visite à Grenoble de Elie Barnavi, ambassadeur d'Israël en France.
-Elie Barnavi a été désigné par le gouvernement d'Ehud Barak et non par le gouvernement d'union nationale mené par Ariel Sharon (dans lequel figure Shimon Péres au titre du parti travailliste en qualité de ministre des Affaires étrangères).
-Evoquant les différents scénarios futurs et notamment une éventuelle regrettable poursuite de la violence palestinienne, l'ambassadeur a évoqué un possible effondrement de l'autorité palestinienne sur le plan économique et l'élimination de son pouvoir au profit de forces plus radicales et extrémistes.

Ci après l'intégralité du texte rectificatif proposé par le CRIF, vous pourrez constater une certaine "censure" du Dauphiné Libéré.

C.R.I.F CONSEIL REPRESENTATIF DES INSTITUTIONS JUIVES DE FRANCE
SECTION REGIONALE GRENOBLE-ISERE Le Président


Monsieur Jean Pierre SOUCHON Directeur départemental Dauphiné Libéré
Grenoble le 31 Mai 2001

Cher Monsieur,
Je vous remercie d'avoir l'amabilité d'insérer le passage suivant dans votre prochaine édition:
Suite à l'article paru dans votre édition du 31 Mai 2001,relatant la visite à Grenoble de son excellence Monsieur Elie BARNAVI ambassadeur d'Israël en France, le CRIF Grenoble ?Isère entend apporter les deux rectifications suivantes

  • Monsieur Elie BARNAVI a été désigné par le gouvernement d'Ehud BARAK et non par le gouvernement d'union nationale menée par Ariel SHARON (dans lequel figure Shimon PERES au titre du parti travailliste en qualité de ministre des affaires étrangères).
  • Evoquant les différents scénarios futures et notamment une éventuelle regrettable poursuite de la violence palestinienne, son excellence a évoqué un possible effondrement de l'autorité palestinienne sur le plan économique et l'élimination de son pouvoir au profit de forces plus radicales et extrémistes.
  • Le CRIF Grenoble Isère remercie les nombreux grenoblois anonymes, les personnalités, les organisations et associations qui ont manifesté leur soutien aux propos humanistes et de paix prononcés par son excellence l'ambassadeur et lui transmettra tous les messages reçus.

Jean LucMEDINA
Président

L'ESSENTIEL DE GRENOBLE ET DE L'ISERE . 6 JUIN 2001

le message d'espoir
de l'ambassadeur d'Israël à Grenoble
Marathon grenoblois mercredi 30 mai pour Elie Bamavi, l'ambassadeur d'Israël en France. Venu à l'invitation de Jean-luc Médina, président du Crif Isère (Conseil représentatif des institutions juives de France), pour consolider les relations scientifiques et économiques entre Grenoble et l'état hébreu, le diplomate- historien parfaitement francophone qui connaît bien la capitale des Alpes- a rencontré successivement Richard Cazenave, député, Claude Feuerstein, président de l'université Joseph Fourier, Alain Rondepierre, préfet, Roger Pellat-Finet président de la CCI, et Michel Destot député-maire ! Une venue très suivie qui, pour autant, n'a pas fait l'unanimité. Ni parmi certains politiques (écologistes et communistes en particulier), qui ont vu dans ce déplacement 'inopportun' un soutien à l'action d'Ariel Sharon. Ni, bien sûr, parmi les associations proches des Palestiniens. Elie Barnavi a voulu, comme une réponse à ses contradicteurs, apporter un message d'espoir d'un règlement du conflit: 'Il n'y a pas d'autre alternative que la paix car il y a des gens raisonnables des deux côtés", a lancé le diplomate, auteur en 1988 d'un pamphlet intitulé Lettre d'un ami israélien à un ami palestinien. Michel Destot après avoir rappelé la coopération entre Grenoble et Bethléem et Beit Jala en Palestine d'une part, et Rehovot en Israël d'autre part, a mis en parallèle les deux causes 'justes' d'un état autonome palestinien et de l'intégrité et de la sécurité d'Israël. Le maire a vu dans cette visite un `signe d'œuvrer pour la paix et l'entente entre les peuples".

 

LES AFFICHES DE GRENOBLE ET DU DAUPHINE 8 JUIN 2001

Un ambassadeur malheureusement prévoyant

Son excellence Élie BARNAVI, Ambassadeur d'Israël en France, est venu dernièrement à Grenoble, invité par le. Conseil
représentatif des institutions juives de France (CRIF), présidé en Isère par Me MEDINA. Cette visite s'inscrit dans le cadre du Tour de France qu'il effectue depuis sa récente nomination à Paris. L'Ambassadeur estime en effet que les régions visitées sont à la taille de l'État qu'il représente et que les contacts économiques ou scientifiques qu'il noue lors de ces déplacements trouvent plus rapidement des applications concrètes pour les deux partenaires que dans des relations d'État à État. C'est dans cet esprit qu'il a rencontré Claude FEUERSTEIN, président de l'université Joseph FOURIER, Alain RONDEPIERRE, préfet de l'Isère, Roger PELLAT-FINET, président de la chambre de commerce et d'industrie et Michel DESTOT, maire de Grenoble. Avec les journalistes, il a bien évidemment évoqué le conflit israélo-palestinien, et ses propos, tenus le 30 mai, ont été on ne peut plus prémonitoires: "nous vivons des jours cruciaux, si dans les deux semaines qui viennent le cessez-le-feu n'a pas été décrété, alors il sera trop tard". Deux jours après, c'était le carnage à l'entrée d'une discothèque de Tel-Aviv qui a fait une vingtaine de morts...


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